
Depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, les Juifs d’Europe savaient qu’il existait une communauté juive sinisée dans l’Empire du Milieu. Outre la Communauté de Kaifeng, on ne sait, en réalité, que très peu de choses sur l’existence de groupements juifs aux traits chinois dans cet immense territoire. Aujourd’hui, en lisant certains articles touchant les Juifs de Chine, on a un peu tendance à confondre plusieurs sujets. En effet, il y a les » Tia Jin Jiao « ; » les arracheurs de nerfs » dont parle le Père Jésuite Mattéo Ricci et dont l’existence dans l’Empire Song est reconnu au moins depuis 960 ap. J.C., ainsi que les Juifs babyloniens qui s’établirent dans les ports ouverts par le trait de Nankin en 1842 et dont la principale famille représentative est celle des Sassoon. On trouvera donc à partir de cette époque des Juifs Sépharades à Shanghai, Tien Tsin, Amoy, Canton et Hong Kong où ils seront rejoints à la fin du XIXe siècle par des Juifs Ashkénazes.
Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la ville de Harbin en Mandchourie verra s’installer les premiers Juifs russes travaillant pour le » Transsibérien « . La population juive Shanghaienne va augmenter entre les deux grandes guerres devant le flot des réfugiés juifs quittant l’Allemagne nazie, une dernière vague viendra s’ajouter à la charge des associations d’entraide, celle des communautés d’Europe Orientale qui avaient trouvé refuge au Japon et qui furent expulsées par les autorités de ce pays vers les rives du Whampoo. C’est en grandes lignes l’histoire de la pénétration des différentes communautés juives en Chine.
Dans sa description de Canton, Marco Polo décrit une importante population Juive ainsi que plusieurs synagogues.
Il est de tradition de dire que Mme Tchang Kaï Tchek et sa sœur étaient d’origine juive. De nombreuses photos les montrent faisant de la propagande pour le Keren Hayesod ou autres oeuvres sionistes tout comme l’avait fait à la même époque le rabbin Dranat Tagor à Shanghaï. En dehors de cela nous savons que le généralissime était accompagné par un officier juif anglais du surnom de « Two Guns ». Parmi les dirigeants du Parti Communiste Chinois, on compte aussi quelques juifs dont Huang Huo Feng ou d’autres…

Lecture de la Torah en Chine
LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE
Canton / Kwungtung / 9ème siècle / Inde-Perse / beaucoup
Chüanchow / Fukian / 14èm siècle / Inde-Perse / inconnu
Hong Kong / Victoria / XIXème / Inde-Perse / Europe / 100
Harbin / Manchourie / Début XXème / Russie /1917-1946 / 5000
Ning’po / Chekiang / XV-XVIIème / Inde-Perse / inconnu
Shanghaï / Kangsu / XIXème / Inde-Perse / Europe / 500
Pékin / Hopeh / 1933-1945 / Europe / 200
Tien Tsin / Hopeh / XIXème / Europe-Russie / 2000
Yangchow / Kiangsu / XV-XVIème / Inde-Perse / inconnu
Kaifeng / Honan / IXème Inde-Perse / 1500-2000
SHANGHAÏ
Au début du XIXème siècle, Shanghaï n’était qu’un petit village de pêcheurs. Avec la signature du Traité de Nankin en 1841 stipulant l’ouverture de cinq ports internationaux, elle va se développer très rapidement. Située dans la partie Est du delta du Changjinang, au bord de la mer de Chine orientale, Shanghaï va s’ouvrir au commerce international et à la convoitise des grandes puissances. Dès le début du XXème siècle, Shanghaï, ville la plus cosmopolite des cités internationales, fut appelée « Paris de l’Orient », ville ouverte par le biais des légations internationales. La famille Sassoon installa sa firme à Shanghaï vers 1842. Les juifs étaient alors un petit groupe, environ 10 personnes dans un premier temps sans femme et famille. En 1944, Shanghaï ne compte que 23 résidents étrangers avec leurs familles, 11 maisons de commerce et 2 missionnaires protestants. Le conflit franco-britannique contre la Chine draina dans tout l’Empire du Milieu des commerçants juifs de tous horizons.
La population israélite de Shanghaï n’est pas comparable avec celle d’une autre communauté à travers le monde. Il n’est peut être pas inutile de faire remarquer que la population étrangère locale n’a jamais été fort nombreuse et que les Juifs n’en formaient, jusqu’au XXème siècles qu’une part très minime. Au début du XXème siècle, des groupes de Juifs aschkénazes et séfarades représentant plusieurs nationalités (Anglais, Français, Russes, etc…) forment des communautés bien distinctes installées dans le Settlement International.

La Famille Sassoon à Shanghai
Les Sassoon ont un lieu de prières personnel qui deviendra une synagogue en bonne et due forme en 1921 – (Synagogue Ohel Rachel). La Synagogue Ohel Moshé (Ashkénaze) fut érigée en 1907 en mémoire de Moshé Grinberg à Hongkew de l’autre côté de Soochow Creek (rivière Suzhou de nos jours), dans la ‘’Concession anglaise’’. Par contre la Synagogue Beith Aaron fut érigée en 1927 (démolie vers 1985) dans la ‘’Concession française’’ à l’entrée du ‘’Bund’’. Cette synagogue a été construite grâce au financement de Silas Aaron Hardoon (1851-1931). Entre 1943 et 1945, elle servit de salle de classe pour les étudiants de la Yeshiva de Mir.
A partir de 1933, Shanghaï permis à des milliers de Juifs venus d’Allemagne via le Canal de Suez d’entrer sur son territoire sans visa alors que le Consul Japonais de Kaunas donna des milliers de visas aux juifs lithuaniens pour se rendre au Japon via Vladivostok.
Il y a donc trois communautés juives à Shanghaï, deux anciennes ; la ‘’Shanghaï Jewish Communal Association’’ et la ‘’Shanghaï Askhenazi Jewish Communal Association’’ et une autre fruit du lamentable exode des années 30, la ‘’ Jewish Community of Central European Jews’’.
Ce n’est qu’en décembre 1941, que les Japonais déportèrent ces juifs vers Shanghaï. Les Communautés étant en surcharge, le Conseil des Communautés, réunissant les Aschénazes et les Séfarades demandèrent aux autorités japonaises la création du Ghetto de Hongkew.
On estime le nombre de Juifs qui réussirent à se réfugier à Shanghaï entre 20 et 25.000 âmes. Cet ensemble est constitué d’émigrants venant l’Allemagne, d’Autriche et par la suite des Pays Baltes. Lors du colloque « Flight to Shanghaï » qui s’est tenu en août 1995 à Vienne (Autriche), l’un des participants, M. William Man, qui était arrivé à Shanghaï en 1939, déclara : « Oscar Schindler a sauvé 1000 juifs, Shanghaï en a sauvé 30.000″. En effet dès les années trente, cette ville chinoise ne fut pas qu’un asile de nuit mais un home d’accueil pour des milliers de réfugiés de toutes confessions et de toutes nationalités. Compte tenu de ses Concessions étrangères, cette ville cosmopolite fut la seule grande ville dans le monde où un visa n’était pas obligatoire pour y rentrer. Une autre raison était que dans l’Empire du Milieu, la société chinoise n’a jamais été antisémite, bien au contraire. Ce n’est qu’après la première guerre mondiale que se développa malheureusement l’antisémitisme en Chine propagé bien sûr par les Européens.
En 1949, il y avait encore 20.000 juifs en Chine et en Mandchourie. L’adresse du Congrès Juif Mondial en Chine était: P.O.B. 2202 Shanghaï.

Dans les rues de Shanghai pendant la Seconde Guerre Mondiale
Deux diplomates juifs bien particuliers.
Frédéric Haas était Consul de France à Tchong-King en 1900. Frédéric Haas naquit le 14 mars 1843. Après une licence en droit, il fut conseiller auditeur à la Cour d’Appel de Pondichéry, puis juge à Saint-Barthélemy. Il commença une carrière de diplomate en Chine avec la charge de Vice-Consul à Han Kéou en 1885. En 1889, il fut nommé Consul de 1ère Classe et en 1895 il passa au Consulat de Tchong King. Il fut dédoré de la Croix de la Légion d’Honneur.
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Gaston Camille Kahn, né le 30 septembre 1864, fut en poste dès 1885. Cet ancien élève de l’Ecole des Langues Orientales, fut d’abord l’adjoint inspecteur des écoles franco-annamites au Tonkin, puis élève interprète chargé de la fonction d’interprète-chancelier à Canton, à Long Tchou. Montant dans la hiérarchie, il est promu gérant du Consulat à Long Tchéou, puis interprète chancelier à Canton, ainsi que gérant du Vice-Consulat à Pak hoi et parviendra également au poste de Vice-Consul à Tonghing et à Hai how. Il fait un court passage à la gérance du Consulat de Tien Tsin puis est nommé Consul Général à Shanghaï au moment de la Révolution de 1911-12. il réussit, au terme de négociations délicates, à obtenir des autorités chinoises un agrandissement spectaculaire de la concession française, dont la superficie est décuplée. Gaston Kahn quitte définitivement la Chine en 1916. Il termine sa carrière comme ministre plénipotentiaire à Bangkok (septembre 1918) puis, au Quai d’Orsay, comme inspecteur des postes diplomatiques et consulaires, et chef du service des œuvres françaises à l’étranger.

Le Shanghai Jewish Chronicle
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Des Grandes familles Juives en Chine
Les Sassoon, les Rothschild de l’Orient.
« Vérité et Confiance » telle fut la devise de la famille Sassoon. Le fondateur de cette dynastie fut Cheikh Sassoon ben Salah (1750-1830) qui fut le Nassi (Président) de la Communauté Juive de Bagdad durant presque quarante ans et responsable des finances des pachas ottomans de Bagdad. Son fils, David Sassoon (1792-864), qui avait une connaissance de l’hébreu, de l’arabe, du persan, du turc et de l’hindou, quitta Bagdad pour Bombay où il fonda la « David Sassoon and C° » avec des succursales à Calcutta, Shanghaï Canton et Hong-Kong. Le Traité de Nankin avait ouvert en 1841 cinq ports chinois à la navigation anglaise et le 17 novembre de cette même année Shanghaï devint une concession anglaise et son port s’ouvrit au commerce étranger alors que les Français ne prirent pieds dans cette ville que le 6 avril 1849.
Les Sassoon furent, malgré l’hostilité de Canton et de Shanghaï, les premiers des quinze commerçants britanniques qui s’installèrent définitivement sur le continent chinois. » Le premier embryon d’une communauté juive fut donc formé par les employés même de la D. Sassoon Company.
Elias David Sassoon
Elias David Sassoon (1820 – Colombo 1880) était le second fils de David Sassoon. Il se rendit en Chine en 1844 pour ouvrir des succursales familiales. Il partit ensuite à Hong-Kong pour y créer différentes activités financières et s’installa définitivement à Shanghaï en 1850. Elias David s’intéressa également aux froides provinces du Nord de la Chine, grande demandeuses de laine. Il mena ensuite les affaire de son père à Bombay avec une habileté et une énergie hors du commun mais détestant la position de subordonné il fonda en automne 1867 une firme séparée et rivale; la « Elias David Sassoon and C° » avec des affaires en Orient, dont les points principaux seront Hong-Kong et Shanghaï, en Afrique, en Europe et en Amérique. Elias David fit rapidement prospérer cette firme et mena une politique communautaire comme son père. Il alloua à ses nombreux employés des écoles et des synagogues, même dans les avant-postes les plus reculés de la Compagnie. E.D. Sassoon contribua à la construction de la maternité et de l’asile David Sassoon pour infirmes de Poona et fit également ériger une synagogue à Hong-Kong. En 1920, une magnifique synagogue fut construite à Shanghaï par Sir Jacob Sassoon; Ohel Rachel.

La Yeshiva de Mir à Shanghai
Sassoon David Sassoon
Sassoon David Sassoon est le troisième fils de David. Il est né en 1832 à Bombay et meurt à Londres en 1867. Il fut envoyé à Bagdad pour y faire des études bibliques et talmudiques et fut ensuite envoyé à Shanghai où il mena des opérations de commerce pour le compte de la branche chinoise de l’entreprise David Sassoon and C°. Il s’installa ensuite en Angleterre en 1858 où il rencontra le grand rabbin Marcus Adler.
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Déjà en 1845, « Les Archives Israélites » nous faisaient part:
» 1845 : on apprend par une lettre d’un officier français attaché à la mission de Chine, que deux Juifs chinois riches et lettrés, ont demandé à M. Lagréné, notre ambassadeur, et obtenu de venir avec lui en France où ils désirent connaître la situation religieuse, civile et politique de leurs coreligionnaires. Toutes les places du Temple consistorial sont déjà prises pour la première présentation des fidèles du Céleste Empire. A mesure que le jour de leur arrivée approche, les coupons des stalles se cotent à un taux fabuleux. Les mandarins du Temple annoncent qu’ils n’ont plus de billets à leur disposition. Pour donner à ces étrangers une idée de notre grande civilisation on a arrêté que les Mitzvot se vendront en chinois, Rabbi Elie connaît cela « . (1)
A première vue, on pourrait penser qu’il s’agissait de Juifs sinisés de Kaifeng ! Tout pourrait le laisser croire : riches et lettrés ! Dans la correspondance des Jésuites compilées dans » Les Lettres édifiantes et curieuses « , il est fait état de Mandarins Juifs (lettrés) et d’officiers de haut rang dans l’armée chinoise. Donc pourquoi pas ? C’était tentant, pourtant cela ne collait pas avec les tentatives des Juifs londoniens pour rentrer en contact avec leurs coreligionnaires de Kaifeng et cela par le travers d’une société protestante à Shanghai. Il fallait reprendre d’autres lectures pour comprendre cet article et la solution je l’ai trouvé dans un article de » L’Univers Israélite » de 1856 qui disait ceci :
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On peut recouper cette information en lisant l’Univers Israélite » de 1856 où il est écrit : « Dans la maison du Grand Rabbin, Docteur Adler (3), à Londres demeure actuellement un Juif chinois, qui est resté quelques temps à Paris, et dont le grand-père était « Nassi » (chef de la Communauté) à Bagdad. Il a avec lui, deux nègres qui lui servent de domestique, et que, comme s’ils étaient membre de la famille observent tous les commandements qui les concernent ».
David Sassoon Sassoon occupa des postes très importants parmi les principaux marchands londoniens et sera élu directeur de plusieurs grandes compagnies. Dans le domaine religieux et communautaire il accepta le poste de Président d’un Comité ayant pour objectif l’organisation d’une mission exploratrice chez les Juifs de Chine, d’Abyssine et d’Orient. Il fut également membre du Conseil du Collège des Juifs et du Comité de l’Ecole libre des Juifs d’Harward. Durant de longues années, il fut directeur de la Synagogue espagnole et portugaise et examinateur d’hébreu à l’école libre des Juifs d’Harward.La fille de David Sassoon; Rachel Sassoon Beer fut l’éditeur du « Sunday Observer » et du « Sunday Time ».
S.J. Solomon
S.J. Solomon, directeur de la firme E.D. Sassoon and C° à Shanghaï devint en 1900 le secrétaire général de la « Society for the Rescue of the Chinese Jews ». Dès 1867, E.D. Sassoon avait su s’attacher la compétence et l’amitié de S.J. Solomon et dont il respectait avec une grande confiance le caractère et les aptitudes. S.J. Solomon fut à l’instigation de cette société de sauvegarde des Juifs de Kaifeng.
Les Kadoorie
Les Kadoorie sont une grande famille originaire de Bagdad. Emigrée en Chine, cette famille y amassa une fortune considérable. Marchands et philanthropes juifs, Ellis et son frère Elly S. (Eliézer Silas) Kadoorie, fils de Salih Kadoorie décédé en 1876, s’installèrent au début du XXème siècle à Hong Kong et développèrent une activité commerciale très intense avec Shanghaï et d’autres grandes villes chinoises. Sir Ellis Kadoorie (1865-1922) léguera une somme de 300.000 dollars pour l’enseignement de l’agriculture en Palestine de l’époque mandataire. Deux écoles furent ainsi dotées, l’une arabe et l’autre juive. C’est dans cette école de Kadooria, au pied du Mont Tabor, qu’Itzkhak Rabbin fit ses études. Les Kadoorie fondèrent la firme E.S. and C° à Hong Kong et à Shanghaï et s’associèrent à la E.S. Kadoorie and Sons. Elly Kadoorie, né à Bagdad (1867-1944) s’installa à Shanghaï et y créa en 1904 la « Shanghaï Zionist Association ».
Pour ses œuvres philanthropiques Elly Kadoorie fut décoré aussi bien par les Anglais que les Français, il reçut le Knight Commander of British Empire en 1926, Grande Médaille d’Or de l’Académie Française, Médaille de la Reconnaissance de France, Médaille d’or de première classe du Gouvernement chinois (1923-1924), Médaille d’honneur du Mérite Syrie de Première classe Or et fut fait Commandeur de la Légion d’Honneur. Sir Elly Kadoorie fut Président de l’Union Séphardite de Paris et Vice-Président de l’Anglo-Jewish Association de Londres.
Laurence et Horace Kadoorie, fils d’Elly, continuèrent leurs œuvres philanthropiques à Hong Kong. En 1951, ils établirent « The Kadoorie Agriculture Aid Loan Fund » qui aida plus de 300.000 réfugiés chinois. Ils aidèrent également financièrement la petite Communauté Juive de Hong Kong dont Ellis fut l’un des fondateurs de la synagogue.
Elias Kadoorie
Les Kadoorie furent une grande famille juive à Shanghaï et à Hong-Kong. Cette famille, venue d’ Irak, a fait une fortune très importante sur les bords du Bund et Elias Kadoorie, pour avoir aidé l’Etat français et plus particulièrement l’Alliance Israélite Universelle fut décoré de la Légion d’Honneur.
‘’L’Univers Israélite’’ du 8 juillet 1921 faisait paraître l’article suivant :
‘’Shanghaï M. E.S. Kadoorie de Shanghaï qui avait reçu la médaille de la reconnaissance française en récompense des éminents services qu’il a rendu à notre pays dans le domaine de la philanthropie vient d’être nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. »
M. E.A. Kadoorie se voit attribué le prix de la langue française avec médaille d’or à l’effigie de Richelieu, originaire de Bagdad et résidant habituellement à Shanghaï dont la vie a été une suite d’actes de bienfaisance pour son local scolaire à Bagdad, dont l’enseignement est donné exclusivement en français par une douzaine de maîtresses ayant fait leurs études à l’Ecole Normale de l’Alliance Israélite Universelle de Paris. »
La Revue Sioniste ‘’Ménorah’’ de 1922-1923 publiait à son tour :
‘’Un grand philanthrope à Paris. M. E. Kadoorie, un grand philanthrope de Shanghaï et originaire de Bagdad, vient de faire un court séjour à Paris, venant de Londres. L’objet de son voyage dans la capitale française était de constituer un consortium de capitalistes pour encourager le commerce et l’industrie en Palestine. Il a eu, à cet effet, des entretiens avec des industriels français. Reparti pour quelques jours à Londres, il sera de nouveau à Paris vers le 15 janvier, où il espère aboutir à un résultat. M. E. Kadoorie a créé à Maison-Lafitte, à Londres, à Shanghaï, à Constantinople, à Bagdad et en Palestine, des maisons de retraites, des hôpitaux, des écoles dont la valeur se monte à plusieurs millions. Son frère, qui vient de mourir à Shanghaï a légué à diverses œuvres de bienfaisance (dont nous avons la liste) prés de vingt millions. Admirateur de l’Alliance, M. Kadoorie, en lui témoignant sa reconnaissance, a construit à Bagdad une grande école sioniste réaliste, il entend travailler pour la Palestine dans le domaine économique.’’
Elias Kadoorie est également le créateur de l’Ecole d’Agriculture de Kadooria en Israël où étudia Itzkhaq Rabbin.
Il est possible de comprendre les actions entreprises par Elias Kadoorie en lisant la lettre reçue par l’Anglo-Jewish Association, qui était la branche anglaise de l’Alliance Israélite Universelle :
» Shanghaï, 16th June 1915
E.S. Kadoorie and Co 8, Junkee Road
The Secretary, The Anglo-Jewish Association,
Dear Sir,
I enclose a liste of subsidier and a chèque for pounds sterling 77.1-7 chat i have been able to obtins, vit the vert good help the Hon: Secretary M. Aaron. We vis This su to be divided in 3 part, one for the Anglo-Jewish Association, one for the Alliance and the 3rd for the Zionists in Palestine. You ville no doubt note chat y subscrimption is not included. I sent it to you in January last for the three institutions.
Yours Faithfully E.S. Kadoorie Président
J. Aaron Hon: Secretary
P.S.: Nearly all the subscrivers of Hong Kong and Shanghai are Bagdadians and they would greatly appreaciate if an Englishe teacher were placed in the Laura Kadoorie School.

Plaque commémorative dans l'ancien Quartier Juif de Shanghai
Les Hardoon
La famille Hardoon est également une grande famille Juive du Sud-Est asiatique. Silas Aaron. Hardoon, né en Irak en 1851, s’installe en 1873 à Hong Kong et en 1874 à Shanghaï où il épousa une chinoise bouddhiste. S.A. Hardoon acquiert une énorme fortune dans le commerce de l’opium et dans la banque. A sa mort, en 1931, il était de nationalité britannique. En 1927, M et Mme S.A. Hardoon firent construire la Synagogue « Beith Aaron » à Shanghaï. Silas Hardoon fonda l’Ecole chinoise et Occidentale de Médecine pour femmes. Il aida financièrement d’autres organismes sociaux et culturels à Shanghaï notamment l’Ecole Juive de Shanghaï fut érigée après 1900 avec l’aide des famille Ezra et Hardoon. Sur sa fortune évaluée à 30.000 livres sterling, il avait assigné 50.000 dollars pour la traduction de la Bible et du Coran en Chinois. La Bible sera traduite par le lettré chinois Tchi Cho May et publiée à 20.000 exemplaires.
NOTES
1) Théodore de Lagrené (180561862) fut Ministre Plénipotentiaire de France à Canton dès la création de cette ambassade en 1843. Le Consul était alors le Comte Ratti-Menton, qui avait été Consul de France à Damas en 1841, et l’interprète était JM Callery, un ancien prête des Missions étrangères.
2) Il s’agit de la Synagogue Consistoriale du Notre-Dame-de-Nazareth créée en 1819 et agrandie en 1852.
3) Marcus Nathan Adler (1803-1890), grand rabbin de Londres est l’auteur de plusieurs articles sur les juifs de Chine dans le « Jewish Chronicle » et du livre « Hayéoudim bekina », traduit de l’anglais en hébreu par Elkhanan Ségal, édité à Vilna en 1901. C’est le père de l’avocat, grand collectionneur de livres hébraïque et grand voyageur- Elkan Nathan Adler, auteur de « Jews in many lands » 1905, Londres.
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Du Passé à l’Avenir.
Depuis Philippe-le-Bel, la France entretient des relations avec la Chine. Aussi une association française a largement contribué à l’aide économique et culturelle des Communautés juives en Chine: l’Alliance Israélite Universelle. L’Alliance Israélite Universelle au XIXème siècle a souvent fait appel à des diplomates ou à des voyageurs français pour connaître la situation des juifs de Kaifeng. Parmi les membres du Comité de l’A.I.U. à Shanghaï se trouvaient les frères Kadoorie. Après la défaite de Sedan en 1871, l’Anglo-Jewish Association travailla en coordination avec l’A.I.U.
L’un des Présidents de l’Anglo-Jewish Association fut Nathan Mattews, ancien gouverneur d’Hong-Kong. Aujourd’hui des liens très étroits unissent le Prof Pan Guang et le Consulat Général d’Israël à Shanghaï, ceux ci permettent de préserver la mémoire de ces communautés juives du bout du monde dont Itzkhak Ben Zvi a consacré tant de temps à l’étude.
Le professeur Pan Guan, Recteur du « Center of the Jewish Studies in Shanghaï » et directeur du « Shanghaï Academy of Social Sciences Institut of European and Asia Studies » vient de publier à Shanghai un album de photos: « The Jews in Shanghaï » sur l’histoire du développement de la vie des Juifs séfarades, des Juifs russes et de celle des réfugiés juifs européens à Shanghaï. Dans cet album, le lecteur y trouvera des photos des synagogues Ohel Rachel et Ohel Moshé, de réfugiés se déplaçant dans le ghetto de Hongkew, d’un groupe du Betar ou celles de la famille Benjamin Fishoff.
Il a également publié l’histoire de l’installation des premiers juifs à Shanghaï et la création des diverses institutions communautaires et charitables juives dans cette ville dont l’ »Association Communale des Juifs Aschkénazes de Shanghaï.

Juifs de Kaifeng
LES INSTITUTIONS CARITATIVES JUIVES A SHANGHAÏ
Society for the Rescue of the Chinese Jews
En 1900, quelques employés de la E.D. Sassoon, s’inquiétant du sort de leurs coreligionnaires de Kaifeng, créèrent la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ afin de les prendre en charge puis ensuite essayer de faire revivre cette communauté sur les bords du Fleuve Jaune. Le ‘’Jewish Chronicle’’ fit paraît dans ses colonnes cet article :
‘’ Rescue Society formed at Shanghaï Jewish Chronicle 31st August 1900.
In the paper which Mr Marcus Adler read at Jews College on June 17th were be communicated letters which had been received by the chief rabbi from some prominent English Jews in Shanghaï, where a meeting, attended by some thirty european and eastern Jews, was held on May 14th with Mr Simon A. Levy in the chair.
Mrs J. Salomon of the firm of Messrs E.D. Sassoon and Co, addressed the meeting on the steps already to enter into communication with the Jews at Kai-Feng-Fu and he mentioned an offer made by general Mesny to Mr H. Gensburger (who was acting as secretary to the meeting) to go there and bring a few of the native jews in Shanghaï. After some remarks by the Rev. Dr M. Linczer, Mr S. Moosa moved and Mr Edward I. Ezra seconded : that a society be formed to be call ‘’Society for the rescue of the Chinese Jews’’. The motion was carried and it was further resolved to give the Society the hebrew title : (Hevra Leezrat beni Israël hasinim).
The following gentlemen were elected to form a committee, in whose hands the matter approaching the Chinese Jews to be left : Messrs D.E. I. Abraham, Edward I. Ezra, E. M. Ezra, N. E.B. Ezra, H. Gensburger, R.J. Hardoon, S.A. Hardoon, N.S. Levy, Simon A. Levy, Lewis Moore, A.E. Moses, M.A. Sopher, S.J. Solomon and R.E. Toeg.
A subscription of one dollar per month is to be paid by each lady or gentleman member of the society. At a meeting of the Committee held later in the day, it was agreed to approach the committee of the Shanghaï branch of the Anglo-Jewish Association and ask them to communicate with their London Council on the subject as it may be found necessary in future to ask their co-operation in the matter’’.
Quelques extraits de la 2ème Assemblée Générale Ordinaire de ‘’La Société de Secours pour les Juifs de Chine’’ qui s’est tenue le mardi 26 sivan 5662, 1er Juillet 1902, chez Maître G. J. Shekury:
‘’ Society for the Rescue of the Chinese Jews.
To the Members,
It gives the Committee great pleasure to state that at last a regular communication has been opened with the Orphan Colony in Kai-Feng-Fu and that some eight members of that Community have visited us. It is needless to dwell on the fact that much precious time has elapsed since we sent our first letter to our Co-religionists in Kai-Feng-Fu. The causes of such delay are, as you are well aware, too numerous, the chief among which are: the unfortunate political troubles which lasted a very long time ; the great difficulty of communication with anyone in the interior of China ; the slow nature of the natives in all their movements and dealings ; the very awkward position of having to keep up a correspondence in race ; and last but not least the severe task of convincing a Celestial of the truth of anything suggested by foreigners. Some of these great difficulties are, by very slow and gradual degrees, being overcome, and some progress, though somewhat insignificant has been achieved by your Committee after strain on their patience. Six men and two boys came down here a few months ago, and soon after their arrival arrangements were made to give them lessons in Hebrew regularly. Three men went back to their homes soon after the Passover Holidays. Great efforts have been made to persuade them of their first and incumbent duty to be initiated into the covenant of Abraham, and at last one of them 16 years of age consented to do so. He was circumcised on Tuesday, 20th Iyar 5663 (27th May 1902) at the residence of Mr. D.E.J. Abraham. He was named ‘’Israël’’. It is hoped that the others will soon follow his example. The young man who was circumcised as well under the kind care of Mr. D.E.J. Abraham. He made arrangements to give them education in English and Chinese in addition to the lessons in Hebrew which they are now taking.
Besides the various causes referred to above which are checking progress, there is one great factor which is, to a great measure, preventing your Committee from taking such effective steps towards the quicker restoration of our Co-religionists to the faith of our Forefathers, as they would wish to do, and that is : insufficiency of funds at their disposal. Their hands are tied up thereby and they are consequently obliged to assist them on a very small scale. From information so far collected it has been ascertained that a very large majority of the Jewish Community of Kai-Feng-Fu consists of a very poor class of people. Whatever assistance may be rendered to them must therefore be made with foreign funds. They required to have a qualified teacher in Hebrew who must know their dialect thoroughly in order to be able to give them lessons in Hebrew and teach the most fundamental tenets of our religion. He must also be a qualified MOHEL and SHOCHET. It is also necessary that some good books on our religion such as ‘’The Jewish Religion’’ by Rev. Dr. M. Friedlander, ‘’The Law of Moses’’ by Rev. A.P. Mendes, ‘’Morals and Religion’’’’ by Rev. Dr. Joseph Strauss, etc…, etc…, should be translated into the Mandarin Dialect. It would also be a step in the right direction that, now that they have already been able to obtain a new title deed for the site on which their former Synagogue stood, some attempts should be made to rebuild the Synagogue and a Beth Hamedrash for them in Kai-Feng-Fu. To do this it would be necessary to open subscriptions in all parts of the world with as little delay as possible.
L. Moore
President.
Shanghaï, 18th Sivan 5662, 23rd June, 1902.
Society for the Rescue of the Chinese Jews.
Minutes of the second ordinary Meeting of the Members of the Society for the Rescue of the Chinese Jews, held on Tuesday, the 26th Sivan, 5663 (1st July, 1902), at 5.30 p.m., at the residence of Mr G.I. Shekury, n° 7 North Szechuen Road. There were fifteen members present, viz. :
L. Moore, esq., President Simon A. Levy, esq., Vice-President
D.E.J. Abraham, esq. D.M. David, esq.
Edward I. Ezra, esq. J.I. Jacob, esq.
N.E.B. Ezra, esq. I.A. Levy, esq.
H. Gensburger, esq. Committee S.S. Levy, esq.
N.S. Levy, esq. G.I. Shekury, esq.
S.J. Solomon, esq. D.S. Somekh, esq. Hom. Secretary.
The President said : I am sorry to see such a small attendance. When our first meeting was held there was a large number of residents present and I expected to see a larger attendance at this meeting also. The matter is of a great importance and if we could only succeed in carrying out the object we have in view what a great amount of good it will do to the poor Kaifengfu Jews and what a great sensation it will create all the world over. Our Chinese Co-religionists have sunk to a very low level, and let us sincerely hope and pray that we shall be able to save them from their present deplorable state. I can assure you that the Rev. Hermann Adler, the Rev. Dr. Gaster, the Grand Rabbin, Zadock Kahn, and many other prominent Co-religionists who take been interest in the matter will be greatly pleased to hear of any success we may achieve in rescuing our Chinese brethren.
The minute of our first Ordinary General Meeting have been printed and circulated and with your permission we shall take them as read. If no one has any remarks to make I propose that the minutes be passed. Mr. H. Gensburger seconded the proposition which was carried unanimously. The Hon. Treasurer’s accounts show that the subscription so far collected during two years and two months amount to US dollars 890 and the donation to US dollars 27, while be balance in hand on the 23rd June was very small, viz.: US dollars 5. As far as I can see, if we are to proceed with the work which we have commenced donations also from our Co-religionists in all parts of the world.
Something must be done to help our chinese brethren. We must start to make some efforts to collect something in Shanghaï and then ask our Co-religionists abroad to give us their kind assistance. Unless we can get funds we cannot expect to be able to do much towards relieving our Chinese brethren from their present deplorable state. The Report and the Accounts have been printed and widely circulated and with your consent we shall take them as read. I shall now be pleased to answer any question which you may wish to ask. After a pause, the President said: if no one has any remark to make I propose that the Report and Accounts be passed. Mr. D. M. David seconded the proposition, which was passed unanimously.
…..
Ballot was the proceeded with and the following members were elected to serve on the Committee, viz.:
Simon A. Levy, esq. J.E. Judah, esq.D.E.J. – Abraham, esq. G.I. Shekury, esq. L. Moore, esq. -S.J. Solomon, esq. – E. M. Ezra, esq.
A discussion arose as to the desirability of appealing to Co-religionists outside of Shanghaï for further funds, and after those present had expressed their opinions it was proposed by Mr. D.M. David, seconded by Mr. N.E.B. Ezra, and carried unanimously, that the question be left to the discretion of the new Committee.
A vote of thanks to Mr. G.I. Shekury for kindly offering his house for the use of this meeting was proposed by Mr. Simon A. Levy, seconded by Mr. N.E.B. Ezra, and carried unanimously.
The meeting terminated with the usual vote of thanks to the Chair.
…..
The Hon. Secretary then explained that, since the issue of the report, the old man (one of the Chinese Jews) received a letter from Kaifengfu that his wife and one of his daughters (25 years old) were seriously ill with fever and that he wished to take one of his sons with him (the youngest, who is not yet circumcised) and go to Kaifengfu and then return with his family to Shanghaï. He further stated that other two Chinese Jews wish also to go and bring their families to Shanghaï. It was decided to send now the old man with his youngest son and to let the others wait until their return.
After some discussion it was decided to take more effective steps in rescuing the Chinese Jews from their present state and to appeal to all Co-religionists for funds for the purpose’’.

- Juifs de Kaifeng
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Lewis Moore, Président de cette association juive à Shanghaï, adressa le courrier suivant à l’Alliance Israélite Universelle à Paris, à l’entête de E.D. Sassoon and Co et avec le tampon de la ‘’Society for rescue of the Chinese Jews – Shanghaï.’’ :
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‘’Shanghaï 29th Sewan 5662 4th July 1902
The President, Alliance Israelite Universelle. Paris.
Dear Sir,
I beg to enclose herein a copy of the minutes of a meeting on the members of our Society held recently, which I feel sure will interest you very much.
I think that you will no doubt agree with me that the time has come when more urgent steps should be taken to revive the religion of our Fore-fathers among our Co-religionists in Kaifengfu. The Jewish Community of Shanghaï is very small and cannot render them much assistance without material help from other Communities, as the undertaking before them is far to great for them. I therefore take the liberty of addressing you on the subject and requesting you to give us your helping hand towards such a deserving cause.
I believe that not less than £ 5000/- would be required to rebuild the Synagogue and build a Beth Hamedrash and properly re-establish the religion in the Orphan Colony on a firm basis.
Yours obediently,
(L. Moore)
President
’ Society for the Rescue of the Chinese Jews’’.
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L’A.I.U. possède encore une circulaire dactylographiée reçue le 19 août 1902, envoyée par L. Moore et décrivant les buts de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’ :
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‘’At a meeting held recently in Shanghaï it was decided to appeal to our Co-religionists in all parts of the world for funds to enable the Society to take more effective measures to rescue the poor forlorn brethren now residing in and about Kaifengfu, far in the interior of China, from their present deplorable state of utter ignorance of our religion, beyond the oral traditions of many generations. They have now reached a very low level and it would be a pity if we, who are close to their doors, should find ourselves unable to adequately answer their heart-rending cries for help.
One of the fundamental laws of our religion is that we are responsible for each other. We must not therefore allow a whole community to be wiped out entirely, now that we know of their difficulties, without our making strong efforts to aid them. The time has come when we should no longer maintain our former attitude of keeping aloof from the unfortunate Orphan Colony ; let us now become parents and guardians to these poor brethren and teach them that which we have been taught by our forefathers. They must no more be left to remain in their dire ignorance. I must, therefore, beg all Co-religionists to come forward with their contributions in order to render possible the deliverance of those unfortunate descendants of Co-religionists from their present state of terrible ignorance.
Those of our brethren from Kaifengfu who recently came to Shanghaï informed us that the congregation there has lately succeeded in getting from the Chinese authorities a new title deed for the land on which their Synagogue formerly stood. The land is said to contain some 200 now, say 27 acres. What we desire now is to rebuild that Synagogue on its former site, build a Beth Hamedrash, and send them such efficient teachers Mohellim and Shochetim as may be required and practicable. We estimate that to efficiently do this and put the congregation upon a footing to do credit to our religion, the sum of £ 5,000 will be required.
I confidently appeal to our brethren in all parts of the world to make such response as will enable us to fulfil our religious obligations in this matter in a proper and fitting manner.
L. Moore, Pres.,
Soc. For the Rescue of Chinese Jews.
Shanghaï, 29the Sivan, 5662 (4 July, 1902).
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Le Kansu et le Sinkiang représentent une vaste région qui appartient au Turkestan chinois où les Juifs étaient des éléments florissants. Avant la première guerre mondiale, ces Juifs turkmènes pratiquaient le commerce principalement dans le Turkestan russe et en Sibérie.

- Juifs de Kaifeng
Ces Juifs du Nord-Ouest de la Chine étaient très respectés par les autres chinois de ces régions et vivaient particulièrement en bonne intelligence avec les musulmans du Kansu. Un de ces commerçants juifs, natif de Khotan, et dont le nom était Wong (Prince) était l’ancêtre de David Levy. Le nom de famille Wong aurait été donné aux Lévites qui se seraient installés dans cette région depuis des temps immémoriaux.
David Levy parlait le Mandarin, le Turc et un peu le Russe, il savait également lire l’hébreu. Il avait alors soixante dix ans mais semblait être en pleine force de l’âge. Lorsqu’il fut choisi pour tenir ce poste par les Membres de la ‘’Society for the Rescue of the Chinese Jews’’, il était assistant du Shammash de la Synagogue Ohel Rachel à Shanghaï et fut dans un premier temps envoyé pour le compte de cette ‘’Société’’ pour s’occuper des Juifs de Kaifeng.
Il y a une photo datant justement de 1924 où figurent devant la Mission de l’Eglise Américaine de Kaifeng un groupe de Juifs chinois encadré d’un côté par un prêtre et de l’autre par David Levy vêtu d’un châle de prières (talith) et des phylactères (tephillin). Après une réunion qu’il eut avec ce groupe, il demanda à deux juifs, Chao et Shih Chung Yung, de faire les plans de la synagogue et de rédiger un rapport sur la Communauté. Mais de retour à Shanghaï Wong-Levy fut, pour différentes raisons, considéré comme un imposteur et les Juifs de Shanghaï refusèrent de l’envoyer à Kaifeng avec sa famille pour être le chef religieux de cette communauté.
Après cet échec, dans un second temps, il fut envoyé à l’intérieur de la Chine pour faire des recherches sur la présence d’Israélites dans les lieux les plus reculés de la nouvelle république. Acceptant cette mission malgré la guerre civile, il partit donc, muni d’un petit viatique, sur les routes de l’exil, il entretint une correspondance très suivie avec les membres de la ‘’Société de Secours’’ jusqu’au jour de sa disparition. Il a été impossible de déterminer s’il était mort de cause naturelle ou s’il avait été assassiné par des soldats. Selon sa correspondance, il est indubitable que David Levy passa dans le Honan, le Shensi et le Kansu en suivant le Maréchal Feng Yu-hsiang, commandant en chef de l’armée du Nord-Ouest. C’était un homme très versatile et très opportuniste, il semble qu’il essaya de collecter 10.000 US dollars en monnaie chinoise pour construire une synagogue et une école hébraïque à Kashgar et que le principal donateur était le ‘’Tuchun’’ de Kasghar, le Général Ma Fu-hsiang qui disait être de père juif et de mère musulmane. Wong, alias David Levy, fut-il assassiné sur les ordres de son mécène qu’il aurait voulu escroquer ou par des troupes irrégulières révolutionnaires, qui connaissant sa situation financière, voulurent le détrousser?
Tout était possible dans la Chine de cette époque, mais la ‘’Society for Rescue of the Chinese Jews’’ venait de perdre avec David Levy un agent très compétent.
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En mars 1924, cette Société de Secours essaya de se réorganiser et embaucha David Levy, bedeau de la Synagogue Ohel Rachel de Shanghaï pour s’occuper de la Communauté Juive de Kaifeng. Comme les délégués, qui avaient été envoyés par Georges Smith et Medhurst dans la Capitale du Honan, David Levy était chinois et prétendait être membre de la Maison d’Israël. Son nom de famille en chinois était Wong, et il venait de Khotan, une oasis dans la province du Sinkiang à approximativement deux mille kilomètres à l’Ouest de Kaifeng. Levy prétendait que plusieurs colonies juives avaient été fondées depuis très longtemps dans cette région.

- Yeshiva Ktana de Shanghai
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L’Alliance Israélite Universelle ou l’Anglo-Jewish Association à Shanghaï
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Dans les différents groupes Sassoon de Shanghaï, les employés juifs aidèrent financièrement la ‘’Anglo-Jewish Association’’, en envoyant leurs dons à l’Alliance Israélite Universelle. Les dons se faisaient en taëls ou en dollars dès la fin du XIXèm siècle. Parmi les donateurs, il est possible de citer : Messrs, D. Sassoon and co D.M. Nissim A. Howard Messrs. N.D. Sassoon and co S.A. Lévy M.J. Moses Ed. Nissim Messrs. S.J. Sassoon and co Evelyne David Edwin J. Ezra R.E. Toeg S.A. Hardoon D.E.J. Abraham R.D. Abraham A.E. Moses Messrs. Sennet Frères R.E. Kadoorie Joseph Brothers S.S. Somekh John A. Gatton M. Myer N.S. Levy S.E. Toeg Charles Perrison and co A.J. Hayim S.S. David J.S. Gubbay Maurice Benjamin M.H. Abraham H. Fooke S. Gatten J.I. Jacob B.I. Jacob S.I. Jacob A.J. Shellim M. Shibbeth Sam Michael S.J. Solomon E. Jonah J. Aaron I.A. Toeg J.H. Esekiel D. Abraham A. Cohen J. Joseph Paul Kohen D. Jephsen J. Goldman Spunt à Rosenfeld M. Simone R. Spunt Ellis Joseph Esekiel Elisha N. Isaacs D.H. Wholgemuth I. B. Cohen Bernard Goldenberg S.E. Shahmoon E.E. Shahmoon Ed. H. Shibbeth Moïse Ezra H. Gensburger J.J. Judah Ellis I. Ezra S.S. Benjamin I. Silberman N.E.B. Ezra .
Dès la création des Comités de l’A.I.U. en Chine, celle-ci aidait la Society for the Rescue of the Chinese Jews. Hélas, compte tenu des besoins énormes sollicités par les vagues d’immigration vers l’Amérique, l’Argentine et la Palestine, l’A.I.U. arrêta ses subventions à quelques juifs sinisés complètement déjudaïsés.

- Registre familial écrit en hébreu et en chinois
Comités A.I.U Shanghaï
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DAVID WIDLER
David Widler, juif de Constantinople, s’installe à Shanghaï vers 1855 où il deviendra un grand philanthrope et particulièrement un donateur en faveur de l’Alliance Israélite Universelle.
Lettre de David Widler à l’A.I.U.
« Shanghai; le 23 octobre 1888
Monsieur le Directeur,
Désirant depuis longtemps devenir membre de votre honorable société, j’ai l’honneur de vous remettre ci-joint 25 f payable par le Crédit Lyonnais de votre ville à titre de premier versement. Ne connaissant pas précisément la somme qui doit être versée annuellement, si Monsieur le Directeur, acceptant ma présente voudra bien me remettre les statuts ou règlements de cette respectable société d’autres messieurs de nos coreligionnaires auront le plaisir de joindre aussi.
Dans l’espoir que Monsieur le Directeur voudra bien, m’accuser réception à ce sujet, veuillez agréer l’assurance de ma considération distinguée.
D. Widler.”
Lettre de David Widler à l’Alliance Israélite Universelle en date du 1er février 1889:
“Monsieur le Secrétaire de l’Alliance Israélite Universelle Comité Central
Paris
J’accuse réception de votre honorée lettre du 30 Novembre écoulé dont le contenu m’a rendu très satisfait et dont je vous suis très reconnaissant pour le bon accueil de me voir compté au nombre de vos sociétaires.
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Lettre de D. Widler à l’Alliance Israélite Universelle en date du 10 juin 1889:
“Monsieur le Secrétaire,
J’ai reçu à son temps votre honorée lettre du 24 mars ainsi que le livre du 1er et 2è semestre 1888 et j’ai pris bonne note de leur contenu.
Monsieur Manassé Ezekiel a aussi reçu de son coté votre lettre ainsi que les livres dont il vous présente ses remerciements. La somme qu’il vous a envoyé, c’est un don qu’il a fait en faveur de l’Alliance.
Aujourd’hui, Mme Widler (Esther) me prie de vous remettre francs dix à titre de don qu’elle fait en faveur de l’Alliance et dont ci-joint un chèque de la même valeur sur le Crédit Lyonnais de votre ville.
Dans l’espoir de vous donner bientôt d’autres nouvelles, veuillez agréer Monsieur le Secrétaire, l’assurance de ma parfaite considération.
D. Widler.”
B.A. SOMEKH
Shanghai, le 16 Novembre 1894
Cher Monsieur,
J’ai l’honneur d’être en possession de vos deux estimées lettres du 12 et 28 septembre dernier, ainsi que les 50 exemplaires de votre bulletin anglais que j’ai distribué parmi nos sociétaires de Shanghai. Le reste des exemplaires sera employé pour la propagande de l’œuvre de l’Alliance.
J’ai dûment fait apprendre les israélites ici la malheureuse situation de nos pauvres coreligionnaires de Russie, du Maroc et de la Perse, et j’ai fait tous mes efforts pour que votre appel soit entendu. Je regrette à dire que je n’ai pas pu obtenir aucun secours pour nos malheureux coreligionnaires, car il n’y a pas longtemps de cela que je leur ai demandé des secours pour les israélites russes.
Je suis fâché de vous apprendre que nos sociétaires de Shanghai ont beaucoup diminué cette année, les uns ont quitté Shanghai, les autres ont cessé d’être membres de l’Alliance. Ci-joint veuillez trouver une traite à vue de 75,80 frs en faveur de l’Alliance sur le Comptoir National d’Escompte de Paris, montant des cotisations du reste de nos sociétaires de l’année 1894.
J’ai dernièrement recruté un nouveau membre pour l’Alliance du nom de Mons. S. Hibba, je vous prie d’en prendre note, et de m’envoyer pour l’année prochaine de votre bulletin anglais 25 exemplaires seulement. Cette quantité suffira pour Shanghai.
J’ai l’honneur d’être, Cher Monsieur, votre très humble serviteur B.A. Somekh
Monsieur M.J. Bigart Secrétaire de l’Alliance Israélite Universelle Paris. »
N. Membres
Judah J.E. us dollars 3 Moses A.E. 3 Hardoon S.A. 3 Levy S.A. 3 Sopher M.A. 3 Joseph J. 3 Itibba M.S. 2 Elias J.R 2
Lettre de B.A. Somekh Shanghai pour les cotisations de l’année 1901
Mr. G.J. Skekury et un nouveau membre et la collecte est de 89,40 f
ELIAS S. SAYEGH
Elias S. Sayegh adresse une lettre à l’Alliance Israélite Universelle en date du 19 janvier 1912 pour lui annoncer le legs qui vient de faire en son nom :
‘’Moi, le soussigné Elias S. Sayegh, grand rabbin de Mossoul, Turquie en Asie, demeurant à présent à Shanghaï, dans l’Empire de Chine, déclare par le présent que les trois petites maisons situées au Mehellet Elychoud à Mossoul, inscrites à mon nom, à dater d’aujourd’hui, je les cède à Monsieur G. Leven, le présent de l’Alliance Israélite Universelle, 1 rue Lincoln, Paris, et par le présent le Gouvernement de Mossoul est autorisé à transférer et inscrire les immeubles ci-haut mentionnés au, nom de Monsieur Leven cité en haut. Shanghaï, le 19 janvier 1912 ‘’.
Or, l’Alliance Israélite Universelle joua un autre rôle. On sait, par exemple l’importance de la parole donnée dans le milieu des diamants. Si quelqu’un faillit, il est vite cataloguer. L’Alliance Israélite Universelle, société de bienfaisance, fut également un médiateur économique, selon certains documents, elle lança certainement quelques ‘’Herem’’ contre les mauvais payeurs. Parfois, malgré les apparences, elle dut commettre quelques erreurs et il lui fallait redonner son honorabilité à celui qu’elle avait dénoncé. Par exemple, Léon A. Lévy, de Shanghaï, en fit la triste expérience :
‘’ Hong Kong 23 septembre 1897
Monsieur le Secrétaire de l’Alliance Israélite Universelle
Monsieur,
Au mois de décembre dernier, à ma requête, votre institution agricole de Mikvé Israël m’a envoyé 5 barriques de vin avec facture s’élevant à Fr. 159.45. En date du 5 janvier, j’ai remis cette somme par traite payable à vue par la Banque de l’Indo-Chine à Paris, en nom de Monsieur J. Niego Directeur de l’institution. Cette semaine, j’ai reçu une lettre de ce Monsieur, me priant de lui remettre le montant de sa facture. Ce qui semble que ma lettre du 5 janvier renfermant la traite s’est égarée. J’ai tout de suite obtenu de la Banque une copie de la traite en question que je vous envoie ci-inclus.
Comme vous le voyez si la lettre s’est égarée ça n’était pas ma faute et tout au moins votre agent aura du m’écrire tout de suite au lieu d’attendre pour huit mois.
Cependant je regrette de vous dire que je ne peux pas m’expliquer l’action extraordinaire que votre société a pris envers moi, en écrivant à la maison Sassoon de Bombay par l’entremise d’un certain Sieur Charles Shamash de Manchester avec lequel je n’ai jamais eu de relations ni j’ai l’honneur de le connaître personnellement.
Il faut que vous le sachiez que cette action me fait un grand dommage soit dans mes affaires soit dans mes relations avec ma famille.
Je vous prie donc d’expliquer à qui que ce soit cette affaire comme elle est.
Agréez, Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
Léon A. Lévy’’.
‘’Monsieur le Secrétaire de l’Alliance Israélite Universelle
Paris
Monsieur,
En continuation de ma lettre du 23 de l’écoulé, j’ai l’honneur de vous remettre ci-inclus la copie de la traite de Frs. 159.45 que j’avais oublié d’inclure dans ma dernière lettre, dont je vous prie de vouloir bien m’excuser.
Cette semaine, j’ai reçu de mon beau-frère de Londres copie d’une lettre écrite par la maison E.D. Sassoon et Co de Bombay au Sieur Charles Shamash de Marseille, et non de Manchester comme je vous ai écrit. Veuillez donc faire savoir à ce Monsieur l’affaire comme elle est, et de lui faire écrire à la maison E.D. Sassoon et Co de Bombay enfin que je ne souffre pas par ce malentendu. En même temps, j’ai envoyé à mon beau-frère copie de ma lettre du 23 écoulé.
Recevez, Monsieur mes biens sincères salutations. Léon A. Lévy.’’

- Yeshiva Loubavitch de Shanghai
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La Hicem en Extrême-Orient
Des efforts furent tentés, dès la fin de la première guerre mondiale, pour regrouper en une seule institution les œuvres juives d’assistance aux émigrants à travers le monde.
En 1921, la J.CA. convoqua à cet effet une conférence spéciale à Bruxelles, et sur l’initiative de la Hias of América (Hebrew Immigration Association) et la Conférence Juive de Secours; l’Emigdirect fut créée à Prague en fin de cette même année.
Dès fin 1926, des pourparlers entre la J.C.A., d’une part, et la Hias-Emigdirect, d’autre part, furent entamés. Un accord signé constitua l’institution unique – « L’Association pour Immigration Hias-Jca-Emigdirect « Hjcem. Le Hias et la J.c.a. ont donc assumé pendant huit ans la charge budgétaire de la Hjcem et cet état de fait a été légalisé par un changement de statuts en 1934. En effet, à cette date l’Emigdirect cessa de faire partie de l’association. L’association continua pourtant de fonctionner sous le nom de « Hias-Jca-Emigration- Association » : Hicem.
Outre une œuvre d’assistance immédiate, l’Hicem a créé des institutions de préparation agricole ou professionnelle, des cours de langues étrangères et des caisses de prêts destinées à faciliter l’intégration productive des immigrés dans la vie économique des pays de refuge. L’action particulière en faveur des réfugiés d’Allemagne a permis, après l’établissement dans les pays de transit des éléments capables d’être immédiatement intégrés dans la vie de ces pays, malgré les difficultés politiques et économiques, de diriger vers les autres pays d’Europe, vers les pays d’outre-mer et la Palestine.
Les réfugiés expédiés par la Hicem en Extrême-Orient y reçurent un accueil chaleureux. Il leur fut prêté de l’argent, cette aide leur fut fournie pour qu’ils puissent se procurer un logement, des instruments de travail etc.., et comme de pouvoir voyager dans d’autres endroits de la Mandchourie et de la Chine.
Grâce à l’activité du Daljewisb, le Bureau de l’HICEM à Harbin, prés de 500 réfugiés juifs allemands purent s’établir dans les pays d’Extrême-Orient. Plus de 150 de ces réfugiés exercèrent la médecine notamment le Dr Joseph Preuss, médecin de Mesdames Sun Yat Sen et Tchang Kaï Tchek , qui légua à sa mort sa collection d’art chinois au Musée « Haaretz » de Tel-Aviv. Ces réfugiés créèrent une communauté spécifique à Shanghai sous le nom de « Jewish Community of Central European Jews ».
Le Bureau Central de Hicem était domicilié à Paris au 25 rue de la Bienfaisance et l’action de cette association se situait sur trois points avec un programme bien particulier pour chaque point :
1) dans les pays d’émigration, 2) dans les pays de transit et dans les pays d’immigration.
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1) dans les pays d’immigration.
a) Informer les émigrants des conditions qui prévalaient dans les pays d’immigration et les renseigner plus particulièrement au sujet de la situation du marché de la main-d’œuvre dans l’industrie et dans l’agriculture.
b) Leur prêcher l’assistance légale en intervenant en leur faveur auprès des différentes institutions nationales et consulaires, en leur facilitant l’obtention de divers documents (passeport, visas, etc…)
c) Préparer les émigrants aux conditions qu’ils trouveront dans les pays d’immigration et de transit, en créant pour eux des cours où ils peuvent apprendre la langue du pays auquel ils se destinent et en leur dispensant l’enseignement professionnel et agricole qui doit leur permettre d’apprendre un métier leur donnant la possibilité de gagner leur vie en exerçant une occupation lucrative.
2) dans le pays de transit
a) Suivre les émigrants dans tous leurs déplacements à travers les pays de transit et leur assurer, en cours de route, l’assistance matérielle et morale qu’ils sont en droit d’attendre; faire toutes les démarches nécessaires auprès des autorités ou des compagnies de navigation ou de transport.
3) dans les pays d’immigration
a) Organiser la réception des immigrants en les accueillant à leur débarquement et en créant ou en subventionnant des hôtelleries qui leur soient destinées dans les principaux ports d’outre-mer.
b) créer des bureaux de travail, ou contribuer au fonctionnement des cours qui existent déjà et qui proposent d’assurer le placement des immigrants et leur dispersion à travers les provinces de l’intérieure des pays où ils se rendent.
Pour avoir une idée générale de l’ampleur du travail accompli par la Hicem, il suffit de considérer que des centaines de milliers d’émigrants ont été reçus ou établis par les Comités affiliés des pays d’émigration et d’immigration et de transit.
Le Joint à Shanghaï
L’American Jewish Joint Distribution Committee fut créé par le diplomate américain Henry Morgenthau et le philanthrope Jacob Chiffe en 1914 pour venir en aide aux Juifs vivant en Palestine. Pourtant, cette institution s’est spécialisée dans l’assistance matérielle et sanitaire aux communautés frappées par les croise qui ont suivi la Première Guerre Mondiale. Avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, la priorité du Joint devenait le secours aux Juifs fuyant le nazisme.
L’arrivée massive de groupes de juifs allemands et autrichiens, l’AJDC envoya Laura Margolis à Shanghaï en 1940 auprès des réfugiés juifs européens qui cherchaient désespérément un asile. C’est à cette occasion qu’elle devint une des responsables du Joint. En janvier 1942, suite à la défaite de Pearl Harbour, le Joint Distribution Committee dut rapatrier de toute urgence Laura Margolis. Bien que de retour aux USA, celle ci fit tout ce qui était possible pour faire parvenir de l’argent aux organisations juives shanghaïennes. Laura Margolis fut la représentante du J.D.C. en France dès 1943 lors de la création clandestine du CRIF.
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Le B’naï Brith à Shanghaï
Un certain nombre de groupements secrets, analogues aux loges maçonniques, se constituèrent aux Etats-Unis, terre fertile en ce genre. Les Fils de l’Alliance (B’nai Brith, sons of the Covenant) prirent naissance en 1843. Ils n’avaient à la veille de la Première Guerre Mondiale que 412 loges en Amérique, et quelques autres en Europe orientale, Algérie et Egypte. La Loge de Shanghaï porte le numéro 1102 ; elle délégua 7 représentants pour former, avec 5 membres de la Shanghaï Ashkénazi Communal Association, le Comité chargé de l’administration de l’hôpital.
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L’ORT
La société ‘’ORT’’, sous la direction d’un membre du ‘’Central Board Word ORT Union’’, M. Ch. Rozebes, polonais, préparait, depuis septembre 1941 les jeunes juifs à la vie agricole, aux métiers manuels ou aux techniques industrielles. Plus de 1.200 jeunes gens sont passés par cette école pendant la guerre, un plus grand nombre depuis lors. Cependant que les études plus poussées d’ingénieurs pouvaient se donner, depuis le début de 1945 à l’Ort Engineering Seminar ; et que les étudiants de sciences ou de médecine étaient admis à suivre les cours dans ces trois établissements (non-juifs) de Shanghaï : le Henry Lester Institut, St John’s University, et l’Université ‘’l’Aurore’’.
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Le Keren Hayesod en Chine
La « Shanghaï Ashkénazi Jewish Communal Association » développa de multiples actions caritatives tant à travers la gestion de l’hôpital juif, les loges B’nai Brith, l’ORT, le Betar, la « New Zionist Organisation », l’association Kadima et le Keren Hayesod. En janvier 1928, M. Gero Krishevsky arriva à Shanghai comme délégué du Keren Hayesod. A partir de Shanghaï, il visita Tiensin, Mukden, Harbin et également Kobé au Japon. M. Krishevsky, reçut un très bon accueil et un support très important pour aider le travail effectué par le Keren Hayesod en Palestine.
Mais ce qu’était venu chercher également M. Krishevsky s’était la reconnaissance officielle par les autorités de Pékin de l’Organisation Sioniste et de ses deux organismes de collecte: le Keren Hayesod et le Keren Kayemeth. Le journal « Israël’s Messenger » fut le principal organe de propagande sioniste et du Keren Hayesod en Chine, il était publié à Shanghaï par N.E.B. Ezra. Vers 1929, M. Ariel Bension et son épouse firent le tour des Communautés Juives d’Extrême Orient afin de faire un rapport complet sur les activités du Keren Hayesod dans cette partie du monde.
Le grand poète et leader hindou, Rabindranath Tagore, fut un fervent sioniste et fit de la propagande pour le Keren Hayesod. Lors d’un voyage à Shanghaï en 1929, il rencontra dans le Palais de Marbre de Sir Elly Kadoorie plusieurs personnalités dont: le Dr Ariel Bension, le doyen de l’Université de Santiniketan de Calcutta, Laurence Kadoorie, le leader de la Communauté juive persane des Indes et un médecin anglais de Shanghaï. Au cours d’un banquet le Dr Bension salua le « Poète de l’Asie » dont l’œuvre a jeté une lumière nouvelle sur les beautés spirituelles de l’Orient.
Dans une interview accordée en 1924 au « Shanghaï Time », Rabindranath Tagore, déclara « qu’il ne connaît pas de peuple ayant autant de droits sur la Palestine que le Peuple Juif. Les Hindous et les Juifs sont les peuples les plus persécutés de la terre. Il est nécessaire que les Juifs revivent en Palestine, non seulement pour la culture qu’ils apporteront mais aussi pour l’influence qu’ils exerceront sur les peuples environnants.
Tagore se fait l’honneur d’avoir participé à la Campagne de propagande du Keren Hayesod, en exhortant les juifs de Shanghaï à consentir tous les sacrifices en vue de la reconstruction de la Palestine.
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Le COJASOR
En 1948, Lors de la guerre civile, les communautés juives Shanghaïennes durent faire face à deux terribles problèmes : l’assistance au plus dénués (avec l’appui du Joint Distribution Committee américain) et la réunion des familles. Hélas, avec l’arrivée au pouvoir de Mao Tzé Tong et la création de la République Populaire de Chine, la majorité des réfugiés décida de quitter ce pays pour s’installer soit en Israël, en Amérique ou en Europe.
Dès 1950, le Cojasor à Paris, en collaboration avec l’Organisation Internationale des Réfugiés, a recueilli dans sa maison « La Colline » à Nice, une dizaine de juifs russes qui s’étaient réfugiés en Chine depuis la fin de la première guerre mondiale.
Parmi eux se trouvaient:
• Shea Leya, de nationalité russe, née à Odessa, le 17 mars 1882, mariée depuis 1906 à Odessa, veuve depuis 1932, domiciliée à Tiensin, (Chine), passeport délivré le 18 février 1946 à Tiensin.
• Fedel née Novicova Irma, née le 2 mai 1893 à Riga, nationalité russe, statut de réfugié depuis 1920.
• Horosh Aaron, né à Kuibishev, le 3 mai 1886, réfugié de Hong Kong, nationalité russe, activité professionnelle: distributeur de films, diplôme: école technique de Samara.
• Novisoff Abraham, né le ler janvier 1880, à Irkoutch, nationalité russe, profession- pelletier saisonnier.
Il est fort possible que ces personnes aient quitté la Russie après la Révolution de 1917.
Les juifs s’expatrièrent de nouveau vers Israël dans les années 1950 et fondèrent à Tel-Aviv une association des ressortissants de Chine sous le nom de « Igud Yotsei Sin ».
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Ohel Moshé et le Gettho d’Hongkew

- La synagogue Ohel Moshe à Shanghai
Aujourd’hui, le Président de la Communauté Juive de Shanghaï est Maurice Ohana, ancien vice-président de la Communauté de Boulogne-Billancourt. Ceux qui désirent prier dans la synagogue Ohel Rachel et visiter la synagogue Ohel Moshe ainsi que le Ghetto de Hankew peuvent prendre contact avec lui. Le Rabbin Shalom Greenberg et son épouse vous accueilleront également pour les offices des shabbatot et des jours de fêtes. CACHEROUT GARANTIE.
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VIDEOS :
LIENS INTERESSANTS :
- Histoire des Juifs de Chine (Wikipédia)
- Des Juifs sur les rives du Wampoo
- History of the Jews in China (Wikipedia)
A lire:
Etre Juif en Chine: L’Histoire extraordinaire des communautés de Kaifeng et de Shanghai – (Nadine Perront – Albin Michel – 1998 – 220 pages)

Article écrit par Frédéric Viey.
Ajout d’images, liens, précisions et annotations par Israel Star News.
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Article très intéressant.
Jamais je n’avais pensé que l’histoire des Juifs en Chine était si riche. Il y a de quoi écrire un livre en cherchant dans les archives.